Grand cinéphile que tu es, tu as sans nul doute remarqué que le titre du cd est un clin d'oeil à l'oeuvre illustre de Stanley Kubrick: 2001 l'Odyssée de l'espace. Sauf qu'ici, la science-fiction dégouline de buvards au LSD et de champignons hallucinogènes. C'est un véritable trip sous acides que nous délivrent les trois larons: Meechy Darko, Erick Eliott et Zombie Juice.

Alors je t'arrête de suite honorable lecteur! Si tu cherches de gros bangers à la structure on ne peut plus classique, sors vite le skeud de ta platine (ou ferme ton appli I-Tunes, c'est toi qui vois!)

Flatbush Zombies ne fait rien comme tout le monde et brise les conventions! Ce qui rend pour le coup, leurs productions un poil plus exigeantes, demandant quelques écoutes pour s'en imprégner totalement.

Parlons de productions d'ailleurs. Ici, à l'instar de leur mixtape Betteroffdead, c'est Erick Eliott qui les signe toutes sans exception. Ce qui contribue d'autant plus à cette ambiance "sale" et "perchée" qui leur est propre. Les sons s'enchaînent tout seuls et ne tombent jamais dans le trap cliché qui envahit les ondes depuis quelques années.

Niveau flow, ça kick sévère comme d'hab. Les trois gars font le taff! Mais s'il y en a bien un qui se détache une fois encore, c'est Meechy Darko!! Quelle prose et surtout quelle voix! C'est une véritable bombe, et le mec en est conscient: "World War 3 When i Undraw these vocals C4, Leaving My Punchlines like landmines..."

Au programme de ce voyage psychotique, on retrouve des thèmes assez récurrents dans le milieu: L'egotrip, la consommation de drogues et d'autres sortant un peu plus des sentiers battus, tels que la situation du marché du disque avec l'excellent R.I.P.C.D et leur indépendance musicale avec Spike Lee Joint. Ils y font là, un parallèle avec la carrière du réalisateur Spike Lee qui a toujours su rester en dehors du système "mainstream".

Pour conclure, ce n'est pas la pépite de l'année (il lui manque ce petit quelque chose... Sûrement la prise de risque?) mais un très bon album quand même, qui, comme Monica Bellucci, n'aura de cesse de se bonifier avec le temps.